DISCOURS DES SYNDICATS au JME 2017: MENOUA

DISCOURS DES SYNDICATS A L’OCCASION DE LA 24èmeJOURNEE MONDIALE DES ENSEIGNANT(E)S

Monsieur le Préfet du département de la Menoua,
Monsieur le Sous-préfet de l’arrondissement de Dschang,
Monsieur le Maire de la commune de Dschang,
Mesdames et Messieurs les Autorités politiques, religieuses et traditionnelles,
Messieurs les Délégués Départementaux chargés de l’encadrement des jeunes,
Camarade Secrétaires Généraux des syndicats ici représentés,
Mesdames et Messieurs les Chefs d’Etablissements,
Chers enseignant(e)s,
Camarades syndicalistes,
Chers invités,

Le 5 octobre, comme chaque année depuis 1994, la Journée mondiale des enseignants commémore l’anniversaire de la signature de la Recommandation OIT/UNESCO concernant la condition du personnel enseignant (1966) dont le 50ème anniversaire a été célébré l’an dernier, et la Recommandation de l’UNESCO concernant la condition du personnel enseignant de l’enseignement supérieur (1997) dont cette année marque le 20ème anniversaire. Ces deux recommandations définissent des normes internationales applicables à la profession enseignante et la Journée mondiale des enseignants est l’occasion de réfléchir aux moyens de s’attaquer aux défis qui subsistent dans leur mise en œuvre. Les gouvernements sont interpelés sur le respect de leurs engagements et les enseignants appelés à s’engager encore plus pour la promotion de la profession enseignante.

 

C’est donc pour célébrer l’édition 2017 de cet anniversaire, que j’ai l’honneur de prendre la parole devant vous, au nom de tous les syndicats d’enseignant représentés dans la Menoua, pour prêcher l’évangile de l’enseignant. Je voudrais aussi par la même occasion vous adresser notre salut syndical et vous exprimer notre profonde considération.

 

Mesdames et messieurs,

l’IE, l’OIT, l’UNESCO, l’UNICEF et le PNUD ont choisi pour thème cette année 2017 : « Enseigner en liberté, autonomiser les enseignants ». En effet, la liberté fait partie de l’essence de la profession enseignante et Vincent Peillon, alors ministre français de l’éducation nationale déclarait :

« Enseigner n’est pas un métier d’exécution. La liberté pédagogique est absolument essentielle pour les enseignants. ».

La recommandation de 1966 précise, dans la section VIII, paragraphe 61 que:

« Dans l’exercice de ses fonctions, le corps enseignant devrait jouir des franchises universitaires. Les enseignants étant particulièrement qualifiés pour juger des auxiliaires et des méthodes d’enseignement les mieux adaptés à leurs élèves, ce sont eux qui devraient jouer le rôle essentiel dans le choix et la mise au point du matériel d’enseignement, le choix des manuels et l’application des méthodes pédagogiques, dans le cadre des programmes approuvés et avec le concours des autorités scolaires. ».

La loi d’orientation de l’éducation au Cameroun enfonce le clou dans son article 38 en disposant que :

« L’enseignant jouit, dans le cadre des franchises académiques et dans l’exercice de ses fonctions, d’une entière liberté de pensée et d’expression, dans le strict respect de la liberté de conscience et d’opinion des élèves. »

Nous pouvons donc dire sans risque de nous tromper que l’enseignant enseigne la liberté. En cela, peut-il enseigner la liberté sans être libre ? Sans être un modèle de liberté ? Assurément non ! Ainsi, l’école, lieu par excellence de l’expression de cette liberté doit être préservée des incursions des forces politiques, religieuses, économiques… , éloignée de quelques formes de pressions que ce soit !

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But freedom goes hand in hand with responsibility and this responsibility can only be fully assured if teachers are empowered and valued. Jean-Pierre CHEVENEMENT, former French Minister for Education,said:

« It can not be said enough that the future of a country depends on the quality of its teachers … a country that devalues its teachers is committing
suicide. »

Hence, putting teachers out of material constraints through fair remuneration and decent working conditions, raising them above the chains of dogmatism and extremism through quality initial and continuous intellectual, scientific and pedagogic training, appear as a vital necessity for human societies.

 

Malheureusement, un rapide tour d’horizon nous offre le triste spectacle d’une école camerounaise aux antipodes de la liberté. Nous vivons une époque sombre où notre école est en proie à la violence.

 

En effet, les enseignants camerounais portent le deuil. Deuil de l’assassinat brutal du Proviseur Charles ETOUNDI du Lycée Bilingue Sultan Ibrahim NJOYA de Foumban, tombé sur le champ de la tribalisation des nominations aux postes de responsabilité dans l’éducation. Nous voudrions ici lui rendre un vibrant hommage et condamner avec la dernière énergie cet acte barbare posé par des individus qui veulent porter atteinte au vivre
ensemble si cher au peuple camerounais. Nous crions aussi avec la même énergie haro sur ses responsables tapis dans les ministères et qui ont fait de l’origine ethnique le seul critère de nomination renvoyant aux calendes grecques la méritocratie et le profil de carrière.

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Cette triste actualité n’est cependant que l’arbre qui cache la forêt des entraves de l’éducation au Cameroun. Il n’est pas excessif de le dire mais :

  •  L’école camerounaise est prise en otage ces derniers mois par des politiciens qui l’utilisent comme monnaie d’échange pour assouvir leurs ambitions parfois questionnables ;
  • L’école camerounaise est prise en otage par l’indigence et la pénurie qui privent nos établissements d’infrastructures dignes de ce nom, qui transforment nos écoles en lieux exsangues où le maximum que l’on peut attendre est le paquet minimum, qui abandonnent nos établissements scolaires aux maîtres des parents et aux vacataires, esclaves des temps modernes ;
  • L’école camerounaise est prise en otage par une machine administrative et bureaucratique pléthorique et vorace qui pousse les jeunes enseignants à faire des sit-in pour être pris en solde, qui entretient le floue et transforme en comptoirs commercial la gestion des carrières ;
  • L’école camerounaise est prise en otage par les forces du marché qui ont fait main basse sur l’outil clef de l’éducation qu’est le manuel scolaire en lui assignant désormais comme seul objectif le lucre ;
  • L’école camerounaise est prise en otage par les fondateurs d’établissements privés laïcs et confessionnel qui freinent des quatre fers la signature de la convention collective de l’enseignement privé, jetant ainsi en pâture les enseignants du secteur privé en raison de contrats précaires, de bas salaires, et de protection sociale inexistante,
  • L’école camerounaise est prise en otage par la Présidence de la République qui est devenu le cimetière de tous les textes issus des négociations entre les syndicats d’enseignants et le Gouvernement (rééchelonnement indiciaire, intégration des enseignants d’EPS dans le statut particulier des fonctionnaires du corps de l’éducation nationale, revalorisation de la prime de documentation et de recherche)

 

Ladies and gentlemen,
Our country has the peculiarity to have an educational system which is divided in two subsystems each one having its own specificities. We think that this is a treasure that needs to be well exploited. For this to be profitable to us, these two subsystems need to offer equal chances of success to the cameroonian youth. This is the occasion for us to deplore the absence of a truely anglophone technical education which penalises the products of the anglophone subsystem in the entire country, by submitting them to a low-quality technical education. Added to this, this subsystem has recently faced the degradation of the teaching language quality due to teachers who were posted not because of their mastery of english language but because of other reasons best known to those who are in charge of
postings. How do we then understand that, in violation of article 15(2) of the orientation law of 1998, typically francophone diplomas continue to be awarded to candidates who went through the anglophone subsystem namely technical CAP, Probatoire, baccalaureat ?

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Définitivement, l’éducation au Cameroun est un grand malade sur lequel il faut d’urgence se pencher. La nécessité de la tenue effective du forum national de l’éducation promis depuis bientôt 5 ans se fait de plus en
plus sentir et il est temps de saisir cette opportunité historique qui s’offre à nous en exigeant la tenue de ce forum maintenant.

 

En attendant, nous profitons de cette occasion pour saluer à juste titre la grande avancée consentie récemment par les pouvoirs publics qui ont engagé le processus de l’intégration des professeurs contractuels de l’enseignement secondaires et de la première vague des IC. C’est une injustice longtemps décriée par les syndicats qui a ainsi commencé à être corrigée et nous souhaitons que ce processus soit rendu automatique pour les autres vagues des IC. Pour le reste, comme l’année dernière, les syndicats d’enseignant continuent d’exiger :

  • Que les textes achevés et transmis au Président de la République soient signés ;
  • Que le processus de mise en œuvre de la convention collective de l’enseignement privé soit mené à son terme ;
  • Que le forum sur l’éducation soit organisé pour remettre de l’ordre dans notre système éducatif.

Quant à nous enseignant, allons-nous continuer à attendre dans l’indolence et la torpeur que tous les obstacles soient levés sur notre chemin ? Allons-nous continué à avoir peur ? Jusqu’à quand allons continuer à faire montre de lâcheté ? Chers collègues, il n’y a aucune fierté dans le défaitisme et l’attentisme. Sachons-nous montrer dignes de mériter le respect et la considération que la société nous doit.

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Mobilisons-nous pour défendre notre liberté !

Levons-nous pour défendre notre profession !

Mobilisons-nous pour sauver l’éducation !

Syndiquons-nous massivement !

Vive la Journée Mondiale des enseignants !

Vive le Cameroun !
Je vous remercie de votre aimable attention.

 

SYNTESPIC                    SNIEB                     SECA                    SNAES

DISCOURS DES SYNDICATS au JME 2017: NOUN

JOURNEE MONDIALE DES ENSEIGNANTS 24ème EDITION 05 OCTOBRE 2017

Discours prononcé par FOKOU KODJO/SECRETAIRE DEPARTEMENTAL
DU SNAES-NOUN

 

Monsieur le Préfet du Département du Noun ;
Monsieur le Sous-Préfet de l’Arrondissement de Foumban ;
Monsieur le Maire de la Commune de Foumban ;
Sa Majesté le Sultan-Sénateur, Roi des Bamoun ;
Mesdames et Messieurs les Autorités Politiques, Religieuses et Traditionnelles ;
Messieurs les Délégués Départementaux chargés de l’encadrement des jeunes ;
Camarades Secrétaires Généraux des syndicats ici représentés ;
Mesdames et Messieurs les Chefs d’Etablissements ;
Chers enseignant(e)s ;
Camarades syndicalistes ;
Chers invités ;

C’est au nom des syndicats d’enseignants représentés dans le Noun qu’il m’échoit l’honneur de prendre la parole devant vous en ce jour de célébration de la Journée Mondiale des Enseignants. Permettez-moi, au nom de ces différentes organisations, de vous souhaiter une chaleureuse bienvenue sur cette place des fêtes de Foumban.
Cette année, la Journée Mondiale des Enseignant(e)s marque le 51ème anniversaire de l’adoption de la recommandation OIT/UNESCO concernant la condition du personnel enseignant. En effet, c’est au cours de la conférence intergouvernementale spéciale sur la condition du personnel enseignant tenue à Paris le 5 octobre 1966, que fut adoptée cette recommandation qui reconnait ainsi « le rôle essentiel des enseignants dans le progrès de l’éducation, l’importance de leur contribution au développement de la personnalité humaine et de la société moderne », tout comme la nécessité « d’assurer aux enseignants une condition qui soit à la mesure de ce rôle ». Elle rappelle aussi l’adoption en 1997 de la recommandation sur la condition des enseignants du supérieur. L’UNESCO et les institutions coorganisatrices de la Journée Mondiale des Enseignants (OIT, UNICEF, PNUD et IE) dédient également cette journée à la célébration d’un engagement moral intergouvernemental unique, seul instrument normatif international concernant les enseignants, tout comme, elle réaffirme sa volonté d’être au plus près des enseignants dans leurs luttes pour la valorisation de leur profession. Les enseignants sont donc appelés ce jour à rappeler à leurs gouvernements respectifs les engagements de ces derniers et à exiger d’eux l’aménagement des conditions nécessaires à leur plein épanouissement dans l’accomplissement de leur lourde mission. Ainsi, avec ou sans pagne, mais surtout avec beaucoup de dignité, la réflexion, la mobilisation et, partout où cela s’avère nécessaire, la revendication doit être de mise.IMG-20171006-WA0036

Le thème de la journée mondiale des enseignant(e)s 2017 est « Enseigner en liberté, Autonomiser les enseignants ». Ainsi, Dans une société en pleine déliquescence et faisant face à divers types d’extrémismes, notamment religieux, politique ou communautariste ; Une société où les hordes de voyous peuvent régulièrement s’introduire impunément dans les sanctuaires du savoir et s’attaquer sauvagement à leurs dépositaires ; dans un contexte où nos campus d’écoles, des collèges et lycées souffrent de nombreuses immixtions politiques, religieuses,
sectaires ou tribales, ce thème sonne comme un appel à sauver les derniers remparts contre la déchéance que sont l’enseignant en particulier et l’éducation en général, afin que l’école aux dires de Henri Roland Villarceaux

« demeure le creuset où fermentent toutes les imaginations que la science éclaire de sa flamme de vie » .

Car, comme un démiurge, l’enseignant façonne la société à son image. Ainsi, en lui rendant sa liberté et son autonomie, il devient digne ; digne à s’élever spirituellement, intellectuellement et matériellement. C’est donc cette dignité qui lui permet de s’affirmer humainement ; de se faire respecter socialement et surtout d’accomplir avec dévouement et fermeté la mission républicaine à lui confiée, c’est-à-dire, soustraire les générations présentes et à venir du fléau de l’ignorance en les moulant aux grandes vertus de la science, de l’intérêt commun, au respect des lois
républicaines, de l’unité nationale, du patriotisme et de l’autorité établie. Ceci éloignera de fait les générations d’hommes et de femmes du Noun, de l’Ouest et du Cameroun des sirènes de l’extrémisme, de la division, du tribalisme et de bien d’autres maux.

La situation étant présentée, quel diagnostic pouvons-nous faire de la liberté et de l’autonomisation de l’enseignant dans le Cameroun en général et le Noun en particulier? La réponse se trouve malheureusement dans ces nouvelles
interrogations dont nous ne saurons à nous seuls résoudre. Ainsi, Mr le Préfet, Mr le Sous-Préfet, Mr le Maire, sa Majesté le Sultan-sénateur, autorités politiques, religieuses et traditionnelles, messieurs les délégués :

  • Peut-on parler de liberté ou d’autonomie pour ces enseignants lorsqu’ils peuvent être régulièrement attaqués et surtout mortellement dans leurs lieux de service sans que l’indignation de l’opinion ne soit à la hauteur de l’ignominie ? Le cas du Proviseur Charles Etoundi est assez illustratif. Sauvagement atteint par un poignard d’obscurantistes dans la nuit du 23 au 24 septembre, il s’en est allé au petit matin de ce 24 septembre.

‘’Va cher valeureux Chevalier de la craie ; tu as combattu le bon combat ; Que ton âme repose en paix’’.

C’est ici l’occasion de saluer le courage du censeur Amougou et de Fokou Hervé du Lycée Bilingue Sultan Njoya de Foumban, Nango Esaie du Lycée de Koupa,tous, victimes cette année de divers types de violence dans l’accomplissement de leurs devoirs.IMG-20171006-WA0039

  • Peut-on parler de liberté ou de l’autonomie des enseignants aujourd’hui dans notre pays lorsque sur une bonne partie de notre territoire, l’école est prise en otage pour des raisons qui lui sont étrangères ? L’école disait Villarceaux est le creuset où s’élabore l’avenir d’une génération, ainsi, que deviendra cette génération que l’on empêche aujourd’hui de fréquenter ? c’est le lieu d’attirer l’attention des parents sur fait que la meilleure arme contre les injustices dont ils se disent victimes, est l’école. C’est elle qui produira des avocats, des médecins, des enseignants, des économistes dont eux-mêmes et le pays ont tant besoin. Brûler une école, empêcher aux enfants de fréquenter, c’est briser des rêves et des vies, c’est enfoncer le pays sur plusieurs générations.
  • L’enseignant peut-il être libre d’enseigner lorsque lui « jardinier des intelligences » comme l’affirmait Victor Hugo, est systématiquement écarté de l’élaboration des curricula d’enseignement ?
  • Est-il libre et autonome lorsqu’au détour d’une rentrée scolaire, il peut découvrir pantois que l’œuvre qu’il doit étudier avec ses élèves glorifie l’infidélité, célèbre la malhonnêteté, magnifie la paresse ou acclame la médiocrité ?
  • Comment l’enseignant peut-il être libre lorsque plus d’un mois après la rentrée scolaire, il n’a point reçu le fameux paquet minimum ?
  • Comment ces enseignants dits « maîtres des parents », chefs de famille et formés à coûts de centaines de milliers de fcfa des sacrifices des parents et de l’Etat peuvent-ils être libres et autonomes lorsqu’ils sont contraints d’enseigner bénévolement espérant un éventuel recrutement à la fonction publique et qui n’arrive que très rarement pour les plus chanceux?
  • Comment peuvent-ils être libres et autonomes, ces enseignants vacataires de nos lycées et collèges faisant parfois plus de 100 heures de cours par mois mais qui doivent toucher une pitance mensuelle de 20 à 35 000 frs pour les plus chanceux c’est-à-dire en dessous du Smig et parfois avec des arriérés?

Comment peuvent-ils être libres et autonomes ces enseignants?

  • Lorsqu’à l’entrée de leur carrière, ils doivent encore faire 3 à 5 années pour toucher leur premier maigre salaire?
  • Lorsque la proportion des contractuels, contractualisés, maitres des parents et autres vacataires au statut précaire ne cesse d’augmenter dans l’éducation ? Certes quelques efforts sont faits depuis trois ans
    avec le recrutement de 9000 enseignants mais sont encore très insuffisants au regard de la demande.
  • Lorsque la prime de recherche et de documentation d’un agent d’entretien de certains ministères au Cameroun dépasse celle d’un professeur des lycées qui, lui, fait vraiment de la recherche et a réellement besoin de la documentation ?
  • Lorsque les enseignants voient leurs primes de sujétion supprimées (notamment pour les animateurs pédagogiques et les maîtres d’application) ?
  • Lorsqu’ils demeurent les seuls agents de l’Etat à toucher des taux forfaitaires pour des rares missions ?
  • Lorsque les enseignants du secteur privé de l’éducation sont abandonnés à la merci des fondateurs ?
  • Lorsque les textes (rééchelonnement indiciaire, intégration des enseignants d’EPS dans le statut particulier des fonctionnaires du corps de l’éducation nationale) issus des négociations entre les syndicats et le
    Gouvernement, dorment à la Présidence de la République ?
  • Lorsque la majorité des autorités scolaires et administratives y compris ceux bénéficiant des retombées des combats syndicaux n’ont pas toujours l’honnêteté de prononcer le mot syndicat dans leurs allocutions comme si ces organisations d’enseignants n’étaient pas consacrées par la Constitution et les lois de la République?
  •  Lorsque la valeur de son rendement n’atteint pas 5000 FCFA par trimestre ?
  • Lorsqu’il est l’un des rares chefs de service départemental à parcourir les zones enclavées à moto parce que l’on a jugé inutile de lui accorder comme aux autres responsables du même niveau un véhicule tout terrain à cet effet ?
  • Etc…

C’est pourquoi chers collègues, cet appel s’adresse d’abord à nous, enseignants. A nous tous quels que soient nos grades et fonctions dans l’enseignement. Nous devons être des modèles de moins en moins irréprochables. Ceci passe par le sens du devoir qui doit nous animer c’est-à-dire l’amour du travail bien fait, la ponctualité, le sens de l’écoute et bien d’autres vertus cardinales qui gouvernent notre métier. Pour cela, dénonçons avec force la tricherie, le harcèlement sexuel des jeunes élèves, les notes sexuellement transmissibles et  toutes les autres formes de corruption.
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Chers collègues, les différentes interrogations sont aussi un appel à la prise de conscience, à l’engagement, à l’union. Prise de conscience de nos responsabilités mais également de nos droits oubliés. Engagement à exceller mais aussi à nous battre debout pour que cette excellence soit reconnue à sa juste valeur. C’est pourquoi nous saluons tous les valeureux récipiendaires des Palmes académiques de ce jour. Nous demandons en même temps que celles-ci soient dorénavant prises en compte pour leur promotion. Nous voulons cependant préciser que c’est à l’aune
de la valeur que nous, enseignants, accorderons aux enseignants que nous sommes, que la société fixera la liberté qu’elle nous accorde. Mettons la barre très haute, consentons les sacrifices qu’il faut pour l’y maintenir. Ayons le courage de rejoindre les syndicats. Tout autre choix, quoi qu’on dise pour le justifier, ne peut être que fuite en avant et lâcheté. Donc, rejoignons en masse les syndicats et exigeons :

  •  Que les textes transmis au Président de la République dans le cadre des dernières négociations soient signés ;
  • Que le processus de mise en œuvre de la convention collective de l’enseignement privé soit mené à son terme ;
  • Que des négociations franches soient engagées avec les syndicats sur les innombrables maux qui continuent de miner la profession d’enseignant ;
  • Que le forum sur l’éducation promis à la communauté éducative soit organisé pour remettre de l’ordre dans notre système éducatif.

Chers collègues, l’enjeu de notre nécessaire engagement n’est pas seulement de sauver notre profession, il s’agit de sauver l’éducation, c’est un devoir car comme le dit Jean Marc Ela, nous devons oser

« aller contre les idées reçues qui dépossèdent l’homme de sa propre responsabilité devant son existence ».

Sauver l’éducation, c’est sauver la paix véritable, celle qui repose sur la justice et fonde le socle du développement durable et de l’intégration nationale. Syndiquons-nous !IMG-20171006-WA0037IMG-20171006-WA0038IMG-20171004-WA0023

Vive la Journée Mondiale des enseignants !
Vive le Cameroun uni et indivisible !
Je vous remercie.

SNIEB                                                    SNAES

TELECHARGERdiscours syndicats noun 05 OCTOBRE 2017

Journée mondiale des enseignant(e)s : 5 octobre 2017 : MESSAGE DU SNAES

Cette année 2017, la Journée Mondiale des Enseignant(e)s est placée sous le signe de la liberté et de l’autonomie des professionnels de la craie. Ces deux concepts constituent indiscutablement la dyade  du thème de circonstance « Enseigner en liberté, autonomiser les enseignants » choisi par l’IE, l’OIT, l’UNESCO, l’UNICEF et le PNUD.

En 1960, Georges Vedel définissait la liberté universitaire comme « celle d’un  homme libre à qui sont confiés d’autres hommes libres ». L’enseignant de façon générale a ainsi pour mission essentielle d’être devant ses élèves/étudiant(e)s un modèle de liberté de pensée, de recherche, d’expression – on n’enseigne que ce que l’on est – pour les guider sur les chemins de la liberté, des libertés. Pour cela, il doit être libre vis-à-vis de tous les pouvoirs : politique, religieux, économique, sociaux… Il n’est pas pour cela au-dessus des lois, mais il peut définir un domaine réservé, l’école, qu’il doit préserver de toutes les immixtions, dans lequel il est, doit être à l’abri de toutes formes de pression, parce qu’il peut y affirmer : « Nous sommes ici experts ; nous pouvons vous (à la loi, à l’Etat) dire ce qui est en vigueur, ce qui marche, dans ce secteur de l’activité sociale ».  Quelles sont les approches pédagogiques qui fonctionnent ? Quel est la meilleure progression dans les contenus en fonction des apprenants que l’on a en face de soi ? Etc. L’enseignant(e) le sait, devrait le savoir mieux que quiconque.

Cette liberté de l’enseignant, inséparable de celle de l’école, est centrale en cette année où notre école est plus que jamais otage des politiques qui l’associent à leurs ambitions même les plus illégitimes, ou la gouvernent avec des cadres politiquement estampillés, habillent ses élèves/étudiant(e)s aux couleurs partisanes pour les mêler aux célébrations de chapelles politiques. Cette liberté est une garantie de qualité de l’éducation et finalement de qualité de vie à une époque où le marché s’est emparé des lieux d’exercice de la profession, a fait main basse sur la conception, la production et la distribution de l’outil clef de l’éducation, le manuel scolaire, et ambitionne de prendre en main la configuration même des savoirs et savoir-faire dignes de figurer dans les curricula  scolaires et universitaires, de façonner le monde à son image. Ce n’est donc plus seulement la liberté de l’enseignant qui est en jeu aujourd’hui, c’est la liberté même de l’apprenant, donc de la société de demain qui est en danger. C’est pourquoi il est impératif hic et nunc d’autonomiser les enseignants.

Autonomiser les enseignants, fondamentalement, c’est leur donner les moyens d’échapper à ces carcans qui en font souvent des esclaves malgré eux. Libérés des besoins élémentaires, ils aspireront plus volontiers à des valeurs plus élevées, éthiques, intellectuelles, philosophiques. Libérés intellectuellement, scientifiquement et pédagogiquement par le biais d’une formation initiale et continue de qualité, ils seront plus à même d’affronter les pièges de tous les dogmatismes et de tous les extrémismes. C’est dire à quel point tous ceux qui organisent et entretiennent le déclin d’un corps enseignant d’élite, d’excellence, libre, travaillent contre le progrès social, contre la capacité de la société à affronter les défis d’un monde où la menace à la liberté, à la survie même de tous peut survenir de partout et à tout moment.

Les forces armées sont formées pour lutter contre le grand banditisme, le terrorisme, et toutes les formes de déstabilisation des sociétés. Seul(e)s les enseignant(e)s  peuvent prévenir ces fléaux redoutables de façon durable, s’ils sont autonomes et enseignent librement.

 

Roger KAFFO FOKOU

Secrétaire Général du SNAES

Message du SNAES à l’ occasion de la 5ème JME.

 » Valorisons les enseignant(e)s, améliorons leur statut professionnel « 

Cette année 2016, l’UNESCO, l’ OIT, l’UNICEF, le PNUD et l’IE ont choisi comme thème de la Journée Mondiale des Enseignant(e)s l’appel qui a ponctué la fin de leur message 2015 : « À l’occasion de la première Journée mondiale des enseignants du nouvel agenda pour l’éducation en vue du développement mondial, nous lançons un appel à la communauté internationale afin qu’elle valorise, appuie et autonomise les enseignants du monde », disaient-ils. Quelles sont les chances pour que cet appel soit entendu cette année plus que par le passé et à qui s’adresse-t-il véritablement ?
Dans un monde chaque jour un peu plus miné par les guerres, le terrorisme, le chômage, la misère et l’extrême précarité, cet appel aux bonnes volontés ne suffira certainement pas. D’après l’UNICEF, 50 millions d’enfants vivent loin de chez eux en raison de guerres, de violences et de persécutions. Tout cela améliore le chiffre d’affaires des grands groupes militaro-industriels du monde, leur permet de signer des contrats faramineux, et donne aux dirigeants de nombre de puissances les moyens de s’imposer sur les meilleures tribunes pour prêcher en faveur de la paix et faire la morale au reste de la planète.
Selon l’UNESCO, il faut recruter aujourd’hui 2,7 millions d’enseignants pour toucher 59 millions d’enfants exclus de toute éducation dans le monde. Par ailleurs, il suffirait chaque année de 26 milliards de dollars supplémentaires pour réussir l’éducation universelle. Comparativement, les dépenses militaires, reparties à la hausse malgré la morosité économique, ont atteint en 2015 le chiffre ahurissant de 1676 milliards de dollars. Ainsi, plutôt que de construire la paix par l’éducation, ceux qui nous gouvernent ont choisi de la construire par la guerre comme en Syrie ou en République démocratique du Congo, comme au Sud Soudan ou au Nord du Cameroun et un peu partout sur la planète.
Pour construire cette paix-là, celle des ruines et des cimetières, ce ne sont évidemment pas les enseignant(e)s qu’il faut valoriser, ce sont les militaires ; ce n’est pas le statut des enseignant(e)s qu’il faut améliorer, c’est celui des armées ; ce ne sont pas les établissements scolaires qu’il faut construire et équiper, ce sont les casernes et les forces armées. La profession d’enseignant est aujourd’hui menacée par la faiblesse des rémunérations qui va de pair avec la complexité des compétences requises pour l’exercer. Il est constamment demandé aux enseignants de faire toujours plus pour des rémunérations et des incitations moindres. La prime de recherche et de documentation d’un agent d’entretien de certains ministères au Cameroun dépasse celle d’un professeur des lycées qui, lui, fait vraiment de la recherche et a réellement besoin de documentation. Dans le même temps, la taille règlementaire des classes est passée de 60 à 80 élèves, les enseignants sont astreints aux cours de soutien pendant les congés de Noël comme de Pâques sans compter les samedis et jours fériés. Ce sont des soldats d’une âpre guerre contre l’ignorance pour le développement durable que le Président de la République ignore superbement depuis des années et dont il foule systématiquement aux pieds les revendications. Quelle chance pensez-vous qu’a l’appel de cette année de les toucher, lui et ses pairs ?
Les victimes quotidiennes des guerres, de toutes les formes de violence et persécutions, ce ne sont pas les hommes puissants qui nous gouvernent ni les hommes riches qui les manipulent dans l’ombre. Dans l’univers de confort et de sécurité qu’ils se sont aménagé, ils ont prévu une éducation de qualité pour les leurs. Un système éducatif parallèle qui ne connaît ni les effectifs pléthoriques, ni les pénuries d’enseignants, d’infrastructures ou d’équipements.
C’est pourquoi l’appel international de cette année à l’occasion de la Journée Mondiale des enseignant(e)s 2016 ne s’adresse qu’à nous. Nous les laissés-pour-compte de tous bords, les victimes de toutes les guerres, de toutes les violences et persécutions ; nous, les sacrifiés de tous les plans d’ajustement structurel ; nous, les travailleurs et plus particulièrement ceux de l’éducation ; nous les enseignants des pauvres dont on pense qu’ils peuvent se passer d’éducation. Oui, c’est à nous que cet appel est lancé. La valeur que nous accorderons à l’enseignant que nous sommes, elle seule aura cours sur la place du marché qu’est le monde actuel : personne ne viendra surenchérir. Si nous la fixons bas, cette valeur, elle le restera. Alors plaçons-la haut, le plus haut que nous pourrons, et maintenons-la à ce niveau-là de toutes nos forces. Si nous sommes prêts à consentir le sacrifice que cela exige, alors nous y parviendrons. Et nous avons le devoir d’y parvenir. Car il ne s’agit pas seulement de sauver notre profession, il s’agit de sauver l’éducation. Et sauver l’éducation, c’est sauver la paix véritable, celle qui repose sur la justice et fonde le socle du développement durable.

Roger KAFFO FOKOU Secrétaire Général du SNAES