DISCOURS DES SYNDICATS au JME 2017: MENOUA

DISCOURS DES SYNDICATS A L’OCCASION DE LA 24èmeJOURNEE MONDIALE DES ENSEIGNANT(E)S

Monsieur le Préfet du département de la Menoua,
Monsieur le Sous-préfet de l’arrondissement de Dschang,
Monsieur le Maire de la commune de Dschang,
Mesdames et Messieurs les Autorités politiques, religieuses et traditionnelles,
Messieurs les Délégués Départementaux chargés de l’encadrement des jeunes,
Camarade Secrétaires Généraux des syndicats ici représentés,
Mesdames et Messieurs les Chefs d’Etablissements,
Chers enseignant(e)s,
Camarades syndicalistes,
Chers invités,

Le 5 octobre, comme chaque année depuis 1994, la Journée mondiale des enseignants commémore l’anniversaire de la signature de la Recommandation OIT/UNESCO concernant la condition du personnel enseignant (1966) dont le 50ème anniversaire a été célébré l’an dernier, et la Recommandation de l’UNESCO concernant la condition du personnel enseignant de l’enseignement supérieur (1997) dont cette année marque le 20ème anniversaire. Ces deux recommandations définissent des normes internationales applicables à la profession enseignante et la Journée mondiale des enseignants est l’occasion de réfléchir aux moyens de s’attaquer aux défis qui subsistent dans leur mise en œuvre. Les gouvernements sont interpelés sur le respect de leurs engagements et les enseignants appelés à s’engager encore plus pour la promotion de la profession enseignante.

 

C’est donc pour célébrer l’édition 2017 de cet anniversaire, que j’ai l’honneur de prendre la parole devant vous, au nom de tous les syndicats d’enseignant représentés dans la Menoua, pour prêcher l’évangile de l’enseignant. Je voudrais aussi par la même occasion vous adresser notre salut syndical et vous exprimer notre profonde considération.

 

Mesdames et messieurs,

l’IE, l’OIT, l’UNESCO, l’UNICEF et le PNUD ont choisi pour thème cette année 2017 : « Enseigner en liberté, autonomiser les enseignants ». En effet, la liberté fait partie de l’essence de la profession enseignante et Vincent Peillon, alors ministre français de l’éducation nationale déclarait :

« Enseigner n’est pas un métier d’exécution. La liberté pédagogique est absolument essentielle pour les enseignants. ».

La recommandation de 1966 précise, dans la section VIII, paragraphe 61 que:

« Dans l’exercice de ses fonctions, le corps enseignant devrait jouir des franchises universitaires. Les enseignants étant particulièrement qualifiés pour juger des auxiliaires et des méthodes d’enseignement les mieux adaptés à leurs élèves, ce sont eux qui devraient jouer le rôle essentiel dans le choix et la mise au point du matériel d’enseignement, le choix des manuels et l’application des méthodes pédagogiques, dans le cadre des programmes approuvés et avec le concours des autorités scolaires. ».

La loi d’orientation de l’éducation au Cameroun enfonce le clou dans son article 38 en disposant que :

« L’enseignant jouit, dans le cadre des franchises académiques et dans l’exercice de ses fonctions, d’une entière liberté de pensée et d’expression, dans le strict respect de la liberté de conscience et d’opinion des élèves. »

Nous pouvons donc dire sans risque de nous tromper que l’enseignant enseigne la liberté. En cela, peut-il enseigner la liberté sans être libre ? Sans être un modèle de liberté ? Assurément non ! Ainsi, l’école, lieu par excellence de l’expression de cette liberté doit être préservée des incursions des forces politiques, religieuses, économiques… , éloignée de quelques formes de pressions que ce soit !

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But freedom goes hand in hand with responsibility and this responsibility can only be fully assured if teachers are empowered and valued. Jean-Pierre CHEVENEMENT, former French Minister for Education,said:

« It can not be said enough that the future of a country depends on the quality of its teachers … a country that devalues its teachers is committing
suicide. »

Hence, putting teachers out of material constraints through fair remuneration and decent working conditions, raising them above the chains of dogmatism and extremism through quality initial and continuous intellectual, scientific and pedagogic training, appear as a vital necessity for human societies.

 

Malheureusement, un rapide tour d’horizon nous offre le triste spectacle d’une école camerounaise aux antipodes de la liberté. Nous vivons une époque sombre où notre école est en proie à la violence.

 

En effet, les enseignants camerounais portent le deuil. Deuil de l’assassinat brutal du Proviseur Charles ETOUNDI du Lycée Bilingue Sultan Ibrahim NJOYA de Foumban, tombé sur le champ de la tribalisation des nominations aux postes de responsabilité dans l’éducation. Nous voudrions ici lui rendre un vibrant hommage et condamner avec la dernière énergie cet acte barbare posé par des individus qui veulent porter atteinte au vivre
ensemble si cher au peuple camerounais. Nous crions aussi avec la même énergie haro sur ses responsables tapis dans les ministères et qui ont fait de l’origine ethnique le seul critère de nomination renvoyant aux calendes grecques la méritocratie et le profil de carrière.

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Cette triste actualité n’est cependant que l’arbre qui cache la forêt des entraves de l’éducation au Cameroun. Il n’est pas excessif de le dire mais :

  •  L’école camerounaise est prise en otage ces derniers mois par des politiciens qui l’utilisent comme monnaie d’échange pour assouvir leurs ambitions parfois questionnables ;
  • L’école camerounaise est prise en otage par l’indigence et la pénurie qui privent nos établissements d’infrastructures dignes de ce nom, qui transforment nos écoles en lieux exsangues où le maximum que l’on peut attendre est le paquet minimum, qui abandonnent nos établissements scolaires aux maîtres des parents et aux vacataires, esclaves des temps modernes ;
  • L’école camerounaise est prise en otage par une machine administrative et bureaucratique pléthorique et vorace qui pousse les jeunes enseignants à faire des sit-in pour être pris en solde, qui entretient le floue et transforme en comptoirs commercial la gestion des carrières ;
  • L’école camerounaise est prise en otage par les forces du marché qui ont fait main basse sur l’outil clef de l’éducation qu’est le manuel scolaire en lui assignant désormais comme seul objectif le lucre ;
  • L’école camerounaise est prise en otage par les fondateurs d’établissements privés laïcs et confessionnel qui freinent des quatre fers la signature de la convention collective de l’enseignement privé, jetant ainsi en pâture les enseignants du secteur privé en raison de contrats précaires, de bas salaires, et de protection sociale inexistante,
  • L’école camerounaise est prise en otage par la Présidence de la République qui est devenu le cimetière de tous les textes issus des négociations entre les syndicats d’enseignants et le Gouvernement (rééchelonnement indiciaire, intégration des enseignants d’EPS dans le statut particulier des fonctionnaires du corps de l’éducation nationale, revalorisation de la prime de documentation et de recherche)

 

Ladies and gentlemen,
Our country has the peculiarity to have an educational system which is divided in two subsystems each one having its own specificities. We think that this is a treasure that needs to be well exploited. For this to be profitable to us, these two subsystems need to offer equal chances of success to the cameroonian youth. This is the occasion for us to deplore the absence of a truely anglophone technical education which penalises the products of the anglophone subsystem in the entire country, by submitting them to a low-quality technical education. Added to this, this subsystem has recently faced the degradation of the teaching language quality due to teachers who were posted not because of their mastery of english language but because of other reasons best known to those who are in charge of
postings. How do we then understand that, in violation of article 15(2) of the orientation law of 1998, typically francophone diplomas continue to be awarded to candidates who went through the anglophone subsystem namely technical CAP, Probatoire, baccalaureat ?

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Définitivement, l’éducation au Cameroun est un grand malade sur lequel il faut d’urgence se pencher. La nécessité de la tenue effective du forum national de l’éducation promis depuis bientôt 5 ans se fait de plus en
plus sentir et il est temps de saisir cette opportunité historique qui s’offre à nous en exigeant la tenue de ce forum maintenant.

 

En attendant, nous profitons de cette occasion pour saluer à juste titre la grande avancée consentie récemment par les pouvoirs publics qui ont engagé le processus de l’intégration des professeurs contractuels de l’enseignement secondaires et de la première vague des IC. C’est une injustice longtemps décriée par les syndicats qui a ainsi commencé à être corrigée et nous souhaitons que ce processus soit rendu automatique pour les autres vagues des IC. Pour le reste, comme l’année dernière, les syndicats d’enseignant continuent d’exiger :

  • Que les textes achevés et transmis au Président de la République soient signés ;
  • Que le processus de mise en œuvre de la convention collective de l’enseignement privé soit mené à son terme ;
  • Que le forum sur l’éducation soit organisé pour remettre de l’ordre dans notre système éducatif.

Quant à nous enseignant, allons-nous continuer à attendre dans l’indolence et la torpeur que tous les obstacles soient levés sur notre chemin ? Allons-nous continué à avoir peur ? Jusqu’à quand allons continuer à faire montre de lâcheté ? Chers collègues, il n’y a aucune fierté dans le défaitisme et l’attentisme. Sachons-nous montrer dignes de mériter le respect et la considération que la société nous doit.

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Mobilisons-nous pour défendre notre liberté !

Levons-nous pour défendre notre profession !

Mobilisons-nous pour sauver l’éducation !

Syndiquons-nous massivement !

Vive la Journée Mondiale des enseignants !

Vive le Cameroun !
Je vous remercie de votre aimable attention.

 

SYNTESPIC                    SNIEB                     SECA                    SNAES

DISCOURS DES SYNDICATS au JME 2017: NOUN

JOURNEE MONDIALE DES ENSEIGNANTS 24ème EDITION 05 OCTOBRE 2017

Discours prononcé par FOKOU KODJO/SECRETAIRE DEPARTEMENTAL
DU SNAES-NOUN

 

Monsieur le Préfet du Département du Noun ;
Monsieur le Sous-Préfet de l’Arrondissement de Foumban ;
Monsieur le Maire de la Commune de Foumban ;
Sa Majesté le Sultan-Sénateur, Roi des Bamoun ;
Mesdames et Messieurs les Autorités Politiques, Religieuses et Traditionnelles ;
Messieurs les Délégués Départementaux chargés de l’encadrement des jeunes ;
Camarades Secrétaires Généraux des syndicats ici représentés ;
Mesdames et Messieurs les Chefs d’Etablissements ;
Chers enseignant(e)s ;
Camarades syndicalistes ;
Chers invités ;

C’est au nom des syndicats d’enseignants représentés dans le Noun qu’il m’échoit l’honneur de prendre la parole devant vous en ce jour de célébration de la Journée Mondiale des Enseignants. Permettez-moi, au nom de ces différentes organisations, de vous souhaiter une chaleureuse bienvenue sur cette place des fêtes de Foumban.
Cette année, la Journée Mondiale des Enseignant(e)s marque le 51ème anniversaire de l’adoption de la recommandation OIT/UNESCO concernant la condition du personnel enseignant. En effet, c’est au cours de la conférence intergouvernementale spéciale sur la condition du personnel enseignant tenue à Paris le 5 octobre 1966, que fut adoptée cette recommandation qui reconnait ainsi « le rôle essentiel des enseignants dans le progrès de l’éducation, l’importance de leur contribution au développement de la personnalité humaine et de la société moderne », tout comme la nécessité « d’assurer aux enseignants une condition qui soit à la mesure de ce rôle ». Elle rappelle aussi l’adoption en 1997 de la recommandation sur la condition des enseignants du supérieur. L’UNESCO et les institutions coorganisatrices de la Journée Mondiale des Enseignants (OIT, UNICEF, PNUD et IE) dédient également cette journée à la célébration d’un engagement moral intergouvernemental unique, seul instrument normatif international concernant les enseignants, tout comme, elle réaffirme sa volonté d’être au plus près des enseignants dans leurs luttes pour la valorisation de leur profession. Les enseignants sont donc appelés ce jour à rappeler à leurs gouvernements respectifs les engagements de ces derniers et à exiger d’eux l’aménagement des conditions nécessaires à leur plein épanouissement dans l’accomplissement de leur lourde mission. Ainsi, avec ou sans pagne, mais surtout avec beaucoup de dignité, la réflexion, la mobilisation et, partout où cela s’avère nécessaire, la revendication doit être de mise.IMG-20171006-WA0036

Le thème de la journée mondiale des enseignant(e)s 2017 est « Enseigner en liberté, Autonomiser les enseignants ». Ainsi, Dans une société en pleine déliquescence et faisant face à divers types d’extrémismes, notamment religieux, politique ou communautariste ; Une société où les hordes de voyous peuvent régulièrement s’introduire impunément dans les sanctuaires du savoir et s’attaquer sauvagement à leurs dépositaires ; dans un contexte où nos campus d’écoles, des collèges et lycées souffrent de nombreuses immixtions politiques, religieuses,
sectaires ou tribales, ce thème sonne comme un appel à sauver les derniers remparts contre la déchéance que sont l’enseignant en particulier et l’éducation en général, afin que l’école aux dires de Henri Roland Villarceaux

« demeure le creuset où fermentent toutes les imaginations que la science éclaire de sa flamme de vie » .

Car, comme un démiurge, l’enseignant façonne la société à son image. Ainsi, en lui rendant sa liberté et son autonomie, il devient digne ; digne à s’élever spirituellement, intellectuellement et matériellement. C’est donc cette dignité qui lui permet de s’affirmer humainement ; de se faire respecter socialement et surtout d’accomplir avec dévouement et fermeté la mission républicaine à lui confiée, c’est-à-dire, soustraire les générations présentes et à venir du fléau de l’ignorance en les moulant aux grandes vertus de la science, de l’intérêt commun, au respect des lois
républicaines, de l’unité nationale, du patriotisme et de l’autorité établie. Ceci éloignera de fait les générations d’hommes et de femmes du Noun, de l’Ouest et du Cameroun des sirènes de l’extrémisme, de la division, du tribalisme et de bien d’autres maux.

La situation étant présentée, quel diagnostic pouvons-nous faire de la liberté et de l’autonomisation de l’enseignant dans le Cameroun en général et le Noun en particulier? La réponse se trouve malheureusement dans ces nouvelles
interrogations dont nous ne saurons à nous seuls résoudre. Ainsi, Mr le Préfet, Mr le Sous-Préfet, Mr le Maire, sa Majesté le Sultan-sénateur, autorités politiques, religieuses et traditionnelles, messieurs les délégués :

  • Peut-on parler de liberté ou d’autonomie pour ces enseignants lorsqu’ils peuvent être régulièrement attaqués et surtout mortellement dans leurs lieux de service sans que l’indignation de l’opinion ne soit à la hauteur de l’ignominie ? Le cas du Proviseur Charles Etoundi est assez illustratif. Sauvagement atteint par un poignard d’obscurantistes dans la nuit du 23 au 24 septembre, il s’en est allé au petit matin de ce 24 septembre.

‘’Va cher valeureux Chevalier de la craie ; tu as combattu le bon combat ; Que ton âme repose en paix’’.

C’est ici l’occasion de saluer le courage du censeur Amougou et de Fokou Hervé du Lycée Bilingue Sultan Njoya de Foumban, Nango Esaie du Lycée de Koupa,tous, victimes cette année de divers types de violence dans l’accomplissement de leurs devoirs.IMG-20171006-WA0039

  • Peut-on parler de liberté ou de l’autonomie des enseignants aujourd’hui dans notre pays lorsque sur une bonne partie de notre territoire, l’école est prise en otage pour des raisons qui lui sont étrangères ? L’école disait Villarceaux est le creuset où s’élabore l’avenir d’une génération, ainsi, que deviendra cette génération que l’on empêche aujourd’hui de fréquenter ? c’est le lieu d’attirer l’attention des parents sur fait que la meilleure arme contre les injustices dont ils se disent victimes, est l’école. C’est elle qui produira des avocats, des médecins, des enseignants, des économistes dont eux-mêmes et le pays ont tant besoin. Brûler une école, empêcher aux enfants de fréquenter, c’est briser des rêves et des vies, c’est enfoncer le pays sur plusieurs générations.
  • L’enseignant peut-il être libre d’enseigner lorsque lui « jardinier des intelligences » comme l’affirmait Victor Hugo, est systématiquement écarté de l’élaboration des curricula d’enseignement ?
  • Est-il libre et autonome lorsqu’au détour d’une rentrée scolaire, il peut découvrir pantois que l’œuvre qu’il doit étudier avec ses élèves glorifie l’infidélité, célèbre la malhonnêteté, magnifie la paresse ou acclame la médiocrité ?
  • Comment l’enseignant peut-il être libre lorsque plus d’un mois après la rentrée scolaire, il n’a point reçu le fameux paquet minimum ?
  • Comment ces enseignants dits « maîtres des parents », chefs de famille et formés à coûts de centaines de milliers de fcfa des sacrifices des parents et de l’Etat peuvent-ils être libres et autonomes lorsqu’ils sont contraints d’enseigner bénévolement espérant un éventuel recrutement à la fonction publique et qui n’arrive que très rarement pour les plus chanceux?
  • Comment peuvent-ils être libres et autonomes, ces enseignants vacataires de nos lycées et collèges faisant parfois plus de 100 heures de cours par mois mais qui doivent toucher une pitance mensuelle de 20 à 35 000 frs pour les plus chanceux c’est-à-dire en dessous du Smig et parfois avec des arriérés?

Comment peuvent-ils être libres et autonomes ces enseignants?

  • Lorsqu’à l’entrée de leur carrière, ils doivent encore faire 3 à 5 années pour toucher leur premier maigre salaire?
  • Lorsque la proportion des contractuels, contractualisés, maitres des parents et autres vacataires au statut précaire ne cesse d’augmenter dans l’éducation ? Certes quelques efforts sont faits depuis trois ans
    avec le recrutement de 9000 enseignants mais sont encore très insuffisants au regard de la demande.
  • Lorsque la prime de recherche et de documentation d’un agent d’entretien de certains ministères au Cameroun dépasse celle d’un professeur des lycées qui, lui, fait vraiment de la recherche et a réellement besoin de la documentation ?
  • Lorsque les enseignants voient leurs primes de sujétion supprimées (notamment pour les animateurs pédagogiques et les maîtres d’application) ?
  • Lorsqu’ils demeurent les seuls agents de l’Etat à toucher des taux forfaitaires pour des rares missions ?
  • Lorsque les enseignants du secteur privé de l’éducation sont abandonnés à la merci des fondateurs ?
  • Lorsque les textes (rééchelonnement indiciaire, intégration des enseignants d’EPS dans le statut particulier des fonctionnaires du corps de l’éducation nationale) issus des négociations entre les syndicats et le
    Gouvernement, dorment à la Présidence de la République ?
  • Lorsque la majorité des autorités scolaires et administratives y compris ceux bénéficiant des retombées des combats syndicaux n’ont pas toujours l’honnêteté de prononcer le mot syndicat dans leurs allocutions comme si ces organisations d’enseignants n’étaient pas consacrées par la Constitution et les lois de la République?
  •  Lorsque la valeur de son rendement n’atteint pas 5000 FCFA par trimestre ?
  • Lorsqu’il est l’un des rares chefs de service départemental à parcourir les zones enclavées à moto parce que l’on a jugé inutile de lui accorder comme aux autres responsables du même niveau un véhicule tout terrain à cet effet ?
  • Etc…

C’est pourquoi chers collègues, cet appel s’adresse d’abord à nous, enseignants. A nous tous quels que soient nos grades et fonctions dans l’enseignement. Nous devons être des modèles de moins en moins irréprochables. Ceci passe par le sens du devoir qui doit nous animer c’est-à-dire l’amour du travail bien fait, la ponctualité, le sens de l’écoute et bien d’autres vertus cardinales qui gouvernent notre métier. Pour cela, dénonçons avec force la tricherie, le harcèlement sexuel des jeunes élèves, les notes sexuellement transmissibles et  toutes les autres formes de corruption.
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Chers collègues, les différentes interrogations sont aussi un appel à la prise de conscience, à l’engagement, à l’union. Prise de conscience de nos responsabilités mais également de nos droits oubliés. Engagement à exceller mais aussi à nous battre debout pour que cette excellence soit reconnue à sa juste valeur. C’est pourquoi nous saluons tous les valeureux récipiendaires des Palmes académiques de ce jour. Nous demandons en même temps que celles-ci soient dorénavant prises en compte pour leur promotion. Nous voulons cependant préciser que c’est à l’aune
de la valeur que nous, enseignants, accorderons aux enseignants que nous sommes, que la société fixera la liberté qu’elle nous accorde. Mettons la barre très haute, consentons les sacrifices qu’il faut pour l’y maintenir. Ayons le courage de rejoindre les syndicats. Tout autre choix, quoi qu’on dise pour le justifier, ne peut être que fuite en avant et lâcheté. Donc, rejoignons en masse les syndicats et exigeons :

  •  Que les textes transmis au Président de la République dans le cadre des dernières négociations soient signés ;
  • Que le processus de mise en œuvre de la convention collective de l’enseignement privé soit mené à son terme ;
  • Que des négociations franches soient engagées avec les syndicats sur les innombrables maux qui continuent de miner la profession d’enseignant ;
  • Que le forum sur l’éducation promis à la communauté éducative soit organisé pour remettre de l’ordre dans notre système éducatif.

Chers collègues, l’enjeu de notre nécessaire engagement n’est pas seulement de sauver notre profession, il s’agit de sauver l’éducation, c’est un devoir car comme le dit Jean Marc Ela, nous devons oser

« aller contre les idées reçues qui dépossèdent l’homme de sa propre responsabilité devant son existence ».

Sauver l’éducation, c’est sauver la paix véritable, celle qui repose sur la justice et fonde le socle du développement durable et de l’intégration nationale. Syndiquons-nous !IMG-20171006-WA0037IMG-20171006-WA0038IMG-20171004-WA0023

Vive la Journée Mondiale des enseignants !
Vive le Cameroun uni et indivisible !
Je vous remercie.

SNIEB                                                    SNAES

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